Comment évaluer mon gisement ?

Il n'est pas aisé de quantifier les emballages aluminium qui sont en mesure d'être recyclés. Les chiffres varient localement avec le degré d'urbanisation, les habitudes de consommation et les saisons. Aussi doit-on l'évaluer au travers de statistiques sur les conditionnements ou à partir de prélèvements et de comptages.

 

Quantification du gisement sur collecte sélective
 


La fraction d'emballages aluminium collectée et présentée au centre de tri dépend essentiellement du geste du consommateur et du type d'habitat. On constate aujourd'hui que la fraction aluminium captée varie, selon les secteurs, entre 10 et 300 g/trieur/an (avec un pic vers 100 g). Toutefois il n'est pas rare que les quantités réelles s'écartent sensiblement de cette moyenne nationale en fonction des contextes locaux.

Le gisement récupérable peut être évalué par différentes méthodes statistiques, dont la procédure MODECOM recommandée par l'ADEME. La filière pratique une méthode simplifiée, basée sur des prélèvements journaliers de 50 kg environ pendant une semaine dans les mêmes conditions d'exploitation recouvrant la totalité géographique de la collecte. On effectue sur ces prélèvements un tri des parties métalliques non ferreuses en dénombrant les objets rigides (boîtes, aérosols), les objets souples simples, en les pesant et en les comparant à l'échantillon initial prélevé.

Pour affiner les résultats, la filière travaille actuellement sur un outil plus perfectionné de quantification automatique des emballages aluminium par catégorie, placé directement sous le tapis d'alimentation de la ligne de tri. Cet outil est composé d'un capteur de reconnaissance sélectif : Il détecte et compte en quelques millisecondes tout emballage aluminium passant à sa verticale. Il est possible en fin de poste (de journée ou de semaine) de déterminer, par simple lecture d'un fichier, le nombre d'emballages de chaque catégorie (boîte, aérosol, barquette, ELA…) ayant traversé la chaîne de tri.

 

Cas d'un mâchefer d'incinération
 


Les emballages en aluminium minces sont oxydés durant leur incinération en libérant une énergie calorifique de 31 MJ/kg et contribuant ainsi à la valorisation énergétique des déchets. Les produits les plus épais fondent et se retrouvent dans les cendres d'incinération sous forme de nodules (0,5 à 1.5 % du mâchefer produit). La quantité d'aluminium récupérable dépend de la conduite des fours. Pour connaître le gisement, il suffit de déterminer la teneur en aluminium et autres métaux non ferreux valorisables sur un échantillon représentatif des mâchefers à traiter.
La méthode de référence (type Pierre GY ou BRGM) repose sur le prélèvement en ligne d'échantillons représentatifs successifs sur lesquels on détermine la courbe granulométrique et la répartition des métaux non ferreux selon plusieurs fractions.

La filière utilise une méthode simplifiée qui donne déjà de bons résultats :

  • Constitution d'un lot de mâchefers représentatif : prélèvement en sortie d'incinérateur, après déferrage et criblage, d'un seau de 10 litres de mâchefers, toutes les 4 heures, pendant chaque jour ouvré de la semaine soit environ 250 kg de matière.
  • Mélange, quartage, prélèvement et pesée de deux seaux de 10 litres environ.
  • Tamisage de chaque seau à travers des tamis à mailles carrées successivement de 25, 20, 15, 10, 5 mm. Pesée des fractions.

Pour toutes les fractions sauf les fines, on extrait et on pèse les parties métalliques :

  • les métaux magnétiques (aimant)
  • les métaux avec aspect aluminium
  • les métaux non ferreux denses (cuivre, laiton).

La somme des quantités de non-ferreux ,rapportée à l'échantillon initial, donne la teneur du gisement. La répartition des fractions lourdes permet au besoin de corriger cette teneur si par hasard un objet volumineux inhabituel a été collecté.

 

Exemple de qualification selon la procédure simplifiée :